Marchés financiers : le bilan de l’année 2020 et les perspectives pour 2021

L’année 2020 restera marquée par la plus grande crise sanitaire de ces cinquante dernières années. Le virus COVID-19 est né en Chine puis s’est rapidement étendu à l’ensemble du globe, engendrant des vagues de crises financières et économiques de grande ampleur aboutissant à une récession mondiale. Marqués par la crise financière de 2008, les gouvernements et les banques centrales ont toutefois su agir rapidement en mettant en place des politiques monétaires et budgétaires efficaces qui ont pu amortir le choc de la crise. Un an après la découverte du premier cas en Chine, le virus continue de dicter sa loi, mais à des degrés différents à l’échelle mondiale.

2020, une année inédite, entre inquiétudes, crises et négociations

Une année 2020 historique

L’année 2020 avait pourtant si bien commencé avec des indices boursiers qui poursuivaient leur ascension de 2019. Le premier confinement a eu l’effet d’une onde de choc sur les marchés financiers. La chute a été brutale, les indices mondiaux ayant perdu en moyenne 30% entre le point le plus haut et le point le plus bas.  Cette baisse a cependant su rapidement être enrayée grâce aux mesures mises en place par les gouvernements et les banques centrales : baisse des taux d’intérêts pour favoriser l’accès au crédit, injection massive de liquidités dans l’économie, aide directe aux entreprises les plus touchées, etc. Ces mesures ont rassuré les marchés qui ont su rebondir à mesure que les nouvelles sur un plan sanitaire s’amélioraient.

Des scénarios de reprise économique différents selon les régions du monde

La Chine a su enrayer la propagation du virus sur son territoire et a retrouvé des niveaux de croissance équivalents à ce qu’ils étaient avant la crise. En Europe et aux Etats-Unis, la reprise est plus segmentée avec des secteurs gagnants comme le digital, la santé ou la consommation courante. Au contraire, le tourisme, les loisirs ou l’aéronautique sont les grands perdants de cette crise. L’arrivée d’une seconde vague au début de l’automne a donné un coup d’arrêt à la reprise économique, entraînant une chute du PIB du quatrième trimestre en Europe. Cependant, la perte d’activité en France lors du confinement de novembre est estimée à 12% – 13%, loin des 30% enregistrés lors du premier confinement. Selon l’OCDE, l’économie mondiale devrait afficher une récession de 4,2% sur l’année 2020.

Les relations internationales, entre négociations et compromis

Après des mois de négociations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne concernant le Brexit, un accord commercial qui régira leurs relations économiques à partir du 1er janvier 2021 a été conclu. Concernant le sujet sensible de la pêche, les pêcheurs de l’UE devront verser chaque année 25% de leurs prises dans les eaux britanniques au Royaume-Uni. Les entreprises britanniques pourront vendre leurs biens sur le marché européen sans droits de douane ni quotas. Cependant, les produits financiers ne font pas partie de cet accord. Les institutions financières basées à Londres devront ouvrir des filiales dans l’UE pour pouvoir vendre ces produits sur le marché européen. Enfin, les tensions sino-américaines restent importantes malgré l’accord commercial du début d’année 2020. Les Etats-Unis poursuivent leurs sanctions contre les entreprises chinoises qui agissent à l’encontre des intérêts politiques et sécuritaires américains.

2021, entre espoir et défis à relever

Début de la campagne de vaccination : vers un retour à la normale ?

L’arrivée successive de plusieurs vaccins nous donne de l’espoir pour sortir le plus rapidement de la crise et retrouver peu à peu une activité économique normale. Il faudra tout de même se méfier d’une nouvelle souche du coronavirus qui a été détectée au Royaume-Uni et qui semble se transmettre beaucoup plus rapidement que la première variante. Cependant, les autorités sanitaires britanniques se veulent rassurantes en affirmant que cette nouvelle souche n’affectera par l’effet du vaccin sur le virus. L’efficacité des vaccins sur la pandémie sera tout de même à surveiller en ce début d’année 2021.

Des plans de relance d’une ampleur inédite favorisent un retour rapide à la croissance

En Europe, les pays membres de l’UE se sont accordés sur l’émission d’une dette commune pour un montant total de 750 milliards d’euros sur trois ans. Aux Etats-Unis, les Républicains et les Démocrates se sont entendus sur un plan de relance de 900 milliards de dollars afin de limiter l’impact de la crise sur l’économie américaine. Ainsi, selon le FMI, la croissance pourrait rebondir de l’ordre de 3% à 4% dans la zone euro et de l’ordre de 5% à 6% en France. Il faudrait cependant attendre mi-2022 pour retrouver le niveau d’activité d’avant-crise. Le retour de la croissance pourrait être un catalyseur pour relancer la consommation des ménages. Le taux d’épargne a atteint un niveau record dans les pays développés. En France, sur les trois premiers trimestres de l’année 2020, la pandémie a engendré une épargne supplémentaire de l’ordre de 90 milliards d’euros par rapport à l’année 2019, soit 4 % du PIB. L’injection de cette épargne dans l’économie réelle sera profitable à la croissance. Il faudra tout de même rester attentif au taux d’endettement des entreprises qui auront des capacités d’investissement limitées ce qui aura un impact direct sur la productivité. La dette publique est aussi un défi majeur qui pourrait avoir des conséquences sur la fiscalité des ménages. Elle a dépassé cette année en France 100% du PIB.

Une rivalité sino-américaine à surveiller

Enfin, les tensions commerciales sino-américaines seront toujours intenses malgré l’entrée imminente de l’administration Biden à la Maison Blanche le 20 janvier prochain. Nous pouvons imaginer que la politique commerciale à l’égard de la Chine sera plus souple que sous l’ère Trump et les relations plus apaisées. Cependant, les points de désaccord restent importants entre ces deux pays et les investisseurs resteront attentifs aux négociations.

L’année 2021 sera donc l’année de l’espoir d’un retour à la normale. Si les vaccins se montrent efficaces, on imagine que les bonnes nouvelles suivront et que les scénarios de croissance envisagés par l’OCDE et le FMI auront lieu. Des opportunités seront à saisir sur les marchés. Les valeurs cycliques ont souffert d’un fort ralentissement dû à la pandémie et profiteront de points d’entrée intéressants durant la phase initiale du rebond économique. En ce sens, investir à moyen/long terme dans des fonds liés à cette thématique (ou celle des sociétés foncières cotées qui ont fortement corrigé) semble opportun.  Les secteurs du digital et de la technologie devraient continuer à offrir une croissance soutenue et des fonds comme Candriam Equities L Europe Innovation ou JPMorgan US Technology devrait, encore une fois sur un horizon moyen/long terme, bénéficier de cette tendance. Également, les thématiques d’investissement responsables comme les énergies vertes, l’eau, la santé, … nous semblent bénéficier d’un environnement favorable à leur développement. Enfin, les fonds Magellan ou Gemequity sont des supports intéressants afin d’investir dans les pays asiatiques et émergents, qui apparaissent comme des zones géographiques pertinentes en vue d’une diversification accrue pour les portefeuilles.

L’investissement sur un support en unités de compte présente un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

 

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